samedi 10 avril 2010

Garages: Etablissements devant lesquels l'automobiliste passe quand il roule et loin desquels il se trouve quand il est en panne

{Adelaide}

Bonjour,

Nous avons terminé la marche, il pleut, et nous avons annulé la suite du trip vers Coober Peddy. Je ramène les autres à leur Van, resté à Quorn, et nous nous affairons à ranger le bordel dans nos véhicules respectifs. Puis on retourne à Port Augusta. Alex et Flo partent aussi-tôt vers la côte ouest, et moi je me pose au parking où on s'était déja posé avant. Celui qui offre une très belle vue sur la laideur de cette ville, ses usines fumantes et sa zone industrielle délabrée. Sous la pluie, c'est d'autant plus terrible. Ok, je repars demain pour Adelaide, et je me jure de ne plus m'arreter dans cette ville puante.

Le lendemain, le temps est toujours gris. Je fait quelques courses et réussis enfin à monter ce fichu autoradio qui était trop gros pour l'emplacement. Heureusement, les vendeurs du magasin où j'ai acheté quelques pièces électroniques qu'il me manquait se montrent d'une sympatie que j'ai rarement vu ailleurs. Ca y est ! J'ai enfin de la musique ! Je pars donc à la mi-journée, volume à fond, vers Adelaide. Mais à peine 50km plus loin, juste au moment de croiser un de ces énormes camions, la direction s'affole. Je ratrappe le coup de justesse et me gare immédiatement sur le bas-coté. Putain, mais qu'est ce qu'il se passe encore ! C'est pas vrai ! Je descends pour jeter un coup d'oeil et je vois... la roue gauche braquée à gauche et la roue droite braquée à droite. Bon, ok, "obviously", le problème vient de là. Maintenant je suis allongé sous le capot, et je vois bien qu'une vis a sauté. Et à peine je commence à immaginer les solutions possibles et envisageables qu'un bonhomme s'arrête. "Ok, où est le problème ?" et je lui montre la vis (où du moins là où elle aurait dû être). Deux minutes après, il a remis une vis du même diamètre qu'il a sorti de je ne sais où et me dit, toujours du même ton je-suis-pressé-faut-pas-m'emmerder! : "Bon, tu peux rouler jusqu'à Port Augusta, mais dépasse pas les 50km/h. Aller, bonne chance, salut !". Sans me laisser le temps d'en placer une, il démarre en trombe. Donc je rebrousse chemin vers Port Augusta. 50km à 50km/h, ce qui me laisse largement le temps de... réaliser ce qui vient de se passer. Tout est allé tellement vite, il s'est écoulé à peine 10 minutes entre le moment où la vis a sauté et celui où je reprenais la route inverse.

De retour dans la ville moche qui pue, je vais directement voir le garagiste qui m'avais vendu l'autoradio. Il m'avais tout de suite plu ce mec : l'entrée jonchée de carcasses de voitures, un bleu de travail plus noir que bleu, un accent à couper à la tronçonneuse. Rien à voir avec la secrétaire en tailleur dans la salle d'attente climatisée. "Ok mate, viens me voir demain à 8h et on va voir ce qu'on peu faire pour ta bête". Et me voilà de retour sur ce parking puant à contempler mélancoliquement la pluie tomber sur les usines. Heureusement, je reçois un texto dans la soirée d'un mec interressé pour le lift vers la côte ouest, ça me remonte un peu le moral.

Le lendemain, la réparation prendra toute la journée, que je passerai à la bibliothèque pour tuer le temps. Petite anecdote en passant : à Port Augusta, c'est la première fois que je me retrouve dans une ville avec une population aborigène un peu plus conséquente. A un moment, une aborigène m'aborde pour me demander une cigarette (classique), puis elle essaye de me vendre des peintures (classique). Je lui fait comprendre que je n'ai pas d'argent et on discute un peu. Elle me demande d'où je viens, et si je suis marié (en voilà un bonne, tiens !) tout en s'accrochant à mon bras. Mais soudain elle lache mon bras et fait coucou à quelqu'un derrière moi. Je me retourne et voit que c'est une voiture de police. L'aborigène s'en va aussi subitement qu'elle a laché mon bras. Bon, je continue mon chemin, qui passait par la trajectoire de la voiture de police. Pas manqué, ils s'arrêtent à ma hauteur pour me demander, la bouche en coeur, si tout va bien. Mais évidemment que tout va bien ! Je suis un simple humain qui vient de parler avec un autre humain dans la rue, bande de crétins !

Je retourne chercher le 4x4 en début d'après midi, il est réparé, et on localise d'où vient le problème : le "free wheel hub" droit reste en position bloquée, ce qui provoque des vibrations qui ont du dévisser la vis petit-à-petit jusqu'à la faire sauter. Bref, ça veut dire que je ne peux plus passer en mode 4 roues motrices tant que je ne change pas cette pièce. Tant pis, de toutes façon, ce n'est pas l'objectif pour le moment. Je pars une bonne fois pour toute de Port Augusta. Et sachant que je n'arriverai pas à Adelaide avant la tombée de la nuit, je m'arrête au Mount Remarkable National Park pour passer la nuit. Le retour à la nature me fait du bien et j'en profite pour écrire quelques pages de mon carnet de voyage. Pas celles que vous êtes en train de lir bien sûr, car j'écris maintenant en méga-différé tellement j'ai du retard.

Posté par MetaNomad à 18:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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